Osamu Tezuka réalise une saga impressionnante sur la vie de Bouddha. Retracer cette vie implique une interprétation des différents textes qui la relatent. Osamu Tezuka a choisi de s’attacher aux valeurs humaines et à l’homme qu’était Bouddha.
La version française de l’oeuvre précise d’ailleurs ce choix au début de chaque volume. Cette précision est importante c’est pourquoi elle est reprise ici. Ainsi, si la vie de Shakyamuni [1] est retracée dans ses grandes lignes, certains personnages, certaines scènes sont une invention de l’auteur. Les documentaires présents dans les volume 4 et 8 précisent notamment les choix effectués par l’auteur mais aussi par les traducteurs.
La vie d’un saint homme tel que Shakyamuni (Siddhârtha) est difficile à transcrire si l’on souhaite animer le récit (Bouddha reste une oeuvre de fiction même si elle est très proche de la réalité). Osamu Tezuka réussit ce tour de force en incorporant dans le récit des personnages loufoques, des bouffons (Tatta est le plus remarquable). Cet ajout permet de rompre le sérieux et la monotonie du récit tout en conservant son essence.
Les dessins d’Osama Tezuka s’articulent autour de trois styles :
un trait grossier identifie aisément scènes et personnages loufoques,
un trait sobre, sans excès ni démesure, caractérise les scènes quotidiennes,
un trait fourni, précis et minutieux trace les grands paysages et surtout les arbres. Mon seul regret est la mauvaise qualité du papier sur lequel la version française est imprimée. Ce papier s’approche plus du papier journal.
Bouddha est une réussite. Style et ton sont justes. Osamu Tezuka nous livre une interprétation humaine de la vie du Bouddha des plus intéressantes.
[1] Shakyamuni, littéralement le « sage de la famille », est l’un des noms porté par le prince Siddhârtha avant de devenir le Bouddha.
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