Carmen mc Callum est aventurière des temps modernes. Elle incarne les nouvelles héroïnes de ce XXème siècle au même titre que Lara Croft [1].
Audacieuse, téméraire mais non invulnérable, notre héroïne nous fait tomber sous son charme. Duval et Vatine ont su nous écrire un scénario plein d’énergie avec des pointes de sensibilité et d’humour. Il est vrai que le scénario fait la part belle à l’action : la série est basée sur des courses poursuites, des jeux de cache-cache, des combats. Ce point peut d’ailleurs rendre la série sans intérêt pour certains. Ensuite, malgré le caractère illégal des actions entreprises par Carmen, le lecteur éprouve de la sympathie pour ce personnage et les idéaux qu’il défend.
L’ambiance cyberpunk qui règne dans Carmen mc Callum est décrite avec les thèmes classiques du genre : le réseau (un surper-internet) est omniprésent, le voyage dans l’espace est devenu commun, la surpopulation accentue les rivalités. Les auteurs abordent aussi des points tels que les cryopénitenciers, la colonisation de la Lune, le cyber-terrorisme, l’impuissance de l’ONU face à des organisations multinationales afin de donner corps à la série et de l’ancrer dans un environnement palpable.
Ce c’est pas ce qui m’a le plus marqué mais les scènes et les personnages sont tous très cosmopolites. Ainsi, Carmen est née en Espagne, a vécu en Irlande, Russel est américain, ils sont aidés par Seaside, l’aborigène australienne afin de combattre les yakusa (japonais). Bien sûr, ils ont également besoin d’aide auprès de la Lune (Bugg) et de la station européenne et je pense en oublier.
Bien que héros et "méchants" soient tous créer avec la même trempe, on peut regretter certains clichés comme :
l’ancien chasseur devenu amoureux de sa proie (Russel),
le jeune délinquant accro au réseau (Bugg),
la belle aux nerfs d’acier (Carmen),
les petits peuples opprimés (Seaside).
Le dessin de Gess et les couleurs de Florence Breton rendent ce monde très crédible. Les nombreuses scènes sont cadrées tel un film d’action américain et les couleurs explosent en tous sens. Hésitant au début de la série, les traits s’affirment au fil des volumes mais il est vrai que le tout ne bénéficie pas d’une recherche esthétique particulière (honnêtement, ceci aurait nuit à la série).
Cette bande dessinée n’est donc pas exceptionnelle mais elle n’en reste pas moins divertissante. Classée dans la collection « Neopolis/Série B » de Delcourt, Carmen mc Callum colle bien au genre. Une bande dessinée sans prétention, pleine de rebondissements.
[1] Lara Croft est l’héroïne du jeu Tomb Raider (Eidos Interactive). Des adaptations en bandes dessinées et en film ont ensuite été produites.
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