Le concept est simple et plutôt original : chaque album relate la vie d’un ancêtre. A travers les huit tomes de cette série, le lecteur découvre la création de cette Caste singulière et suit sa descendance jusqu’au Méta-Baron de l’Incal.
Afin de rendre le récit vivant et cohérent, Jodorowski a introduit un narrateur qui sert de relais. Il s’agit du robot servant Tonto qui raconte l’histoire que nous lisons à son compagnon de route Lothar. Très attachants et comiques sur les premiers tomes, les conversations de ces deux robots lassent rapidement et cassent le rythme de la narration.
Quant à l’histoire elle-même, elle souffre d’une répétitivité quelque fois pénible (les Méta-Barons sont les plus malheureux, mais aussi les plus forts de l’univers et l’histoire ne cessent de nous le montrer). Bien que ces aventures soient semées d’embûches variées, il n’était peut-être pas nécessaire d’en faire autant...
Mais bon, il faut bien l’admettre, Jodorowski est passé mettre dans les scénarios délirants et il s’en sort plutôt bien : les événements sont épiques, labyrinthiques et frôlent régulièrement les limites du raisonnable (sans toutefois les atteindre).
Ce qui fait la réussite incontestable de cette série, c’est évidemment le dessinateur : Gimenez. Il atteint avec cette série une qualité de haut rang. Tout en couleur directe, les planches sont lumineuses et contrastées. Son univers visuel fourmille de détails.
Le découpage est complètement au service de l’action. Alternant cases conventionnelles, pleines pages et hors cadre, Gimenez donne vie aux hauts faits des personnages avec un talent certain. Je tiens d’ailleurs à souligner le travail sur les couvertures qu’on imagine accrochées aux murs du Méta-Bunker familial. Les Planches sont donc magnifiques et je regrette presque que les phylactères soient si imposants.
Réalité commerciale oblige, les Humanos ont fait des choix quelque peu surprenant. Ils ont orientées les ventes de noël vers l’intégrale, en y incorporant, en avant première, le tome 8. Dommage pour ceux qui ont soutenu cette oeuvre depuis le début... D’autant plus dommage que le Tome 8 n’est en fait qu’une introduction à une série future qui sera sur l’histoire de Sans Nom...
Vous l’aurez donc compris, c’est une oeuvre magnifique, à la frontière de la mythologie et du mysticisme (cher à Jodorowski), que beaucoup considère aujourd’hui comme une série culte de la Science Fiction. Mais malgré ces bonnes intentions, la Caste peut décevoir par une narration répétitive et une fin qui me laisse coi...
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