Une sacrée bande de copains s’est réunie dans l’atelier 510TTC pour la réalisation de HK. Ainsi, Trantkat (K. Hérault), J.D. Morvan et Colors Twins (F. Gureghian, C. Lerolle) signent une œuvre à laquelle on ne peut rester insensible.
Abordons dans un premier temps le packaging : d’un format original, HK nous surprend par les matières utilisées pour la première et la dernière de couverture (alliance très judicieuse de papier satiné et de papier glacé). Dans un second temps, feuilletons l’ouvrage : un fin trait, des courbes à ne plus savoir où donner de la tête, de vives couleurs qui attirent l’œil sans jamais l’agresser. Il est enfin temps de se plonger dans HK pour y découvrir un scénario complexe, plein de surprises et de rebondissements.
Il n’y a pas à dire, Trantkat nous dessine ici des cités, des véhicules (vaisseaux spatiaux, motos, engins militaires) et des personnages ayant un caractère et un charme surprenants. L’alchimie entre couleurs traditionnelles et usage de l’informatique est totalement réussie. Les Colors Twins réussissent à rehausser le dessin, à plonger le lecteur dans une ambiance futuriste et chaleureuse sans jamais tomber dans l’usage intensif de l’informatique. J.D. Morvan nous concocte dans HK un scénario où l’on retrouve certains classiques de notre enfance. Ainsi l’amour existant entre Lola et Karl Hollister rappelle la Belle et le Clochard, l’opposition du frêle Karl face à la puissance de l’AXE évoque le combat entre Lévi et Goliath. De nombreux rebondissements sont présents et je ne vous gâcherai pas le plaisir de les découvrir. Les personnages sont attachants, émouvants car Morvan a su leur donner une véritable personnalité.
Comme vous l’avez compris, HK est une bande dessinée que je recommande. Ce manga à la française titre sa force de sa spécificité, de son originalité. Seule ombre au tableau, le deuxième cycle (à partir de Massilia) change radicalement : le format de publication a été revu et s’approche plus des formats classiques (plus grand, couverture standard, nombre de page réduit), les couleurs sont plus froides (informatisées ?), le scénario rompt avec le cycle précédent (seuls Karl Hollister et les soldats de l’AXE sont repris). On ressent nettement un profond désengagement des auteurs, une contrainte éditoriale peut-être. Enfin, le rythme de publication est devenu de plus en plus long.
HK ne demeure pas moins une bande dessinée qu’il faut lire. Le style manga est surpassé avec brio, le scénario mêle de nombreux genres.
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